Un terroir préservé à Gaillac
Les sols
Notre vignoble est implanté sur des sols de graves, sur un plateau constitué par la terrasse alluviale moyenne de la rivière Tarn. Cette terrasse, située à une altitude de 200 mètres, est datée de la période géologique du Riss, soit un âge compris entre 130 000 et 300 000 ans. Ces alluvions anciennes d’une épaisseur de 1,5 à 3 mètres reposent sur des marnes beaucoup plus vieilles (32 millions d’années).
Ce sont des sols assez pauvres car très caillouteux, mais bien drainants, se réchauffant très vite au printemps et pouvant être très secs l’été. Ils n’autorisent pas de gros rendements car la terre y est peu abondante. Les vins issus de ce terroir s’ouvrent vite et peuvent donc se boire rapidement. Ils sont toujours très parfumés et vieillissent avec beaucoup d’élégance.
Le climat
Le Gaillacois, à mi-chemin entre Atlantique et Méditerranée, connaît un climat à dominante océanique avec une influence méditerranéenne marquée, due en particulier à l’action du vent d’Autan.
Ce vent sec et souvent chaud décharge son humidité maritime sur la Montagne Noire qui sépare le Bas Languedoc du Haut et poursuit sa course vers les collines tarnaises.
Il est responsable de belles périodes sèches et chaudes en automne, favorisant une maturation optimale des raisins rouges et concentrant les blancs, en particulier le Loin de l’œil, surtout si la pourriture noble a déjà commencé son œuvre. On obtient alors très rapidement des raisins extrêmement sucrés qui donnent nos superbes Renaissance doux.
Sur la période 1999-2005, la moyenne annuelle a été de 774 mm pour la pluviométrie et de 13,80 °C pour la température. L’ensoleillement a atteint une moyenne de 2115 heures par an.
Les cépages
Depuis la reprise du domaine en 1975, l’encépagement a été orienté vers les cépages de l’appellation Gaillac. Petit à petit une sélection s’est opérée, pour retenir essentiellement les plus caractéristiques.
Pour le rouge nous utilisons les deux variétés autochtones, Duras et Braucol, complétés par la Syrah. En 2009, une plantation de Prunelart, antique cépage local, est venue ancrer un peu plus le vignoble dans la tradition gaillacoise. Cela représente 25 hectares environ.
En blanc, nous cultivons le Loin de l’œil (2/3 de la surface), vieux plant du pays, inconnu ailleurs, et le Sauvignon blanc en complémentaire, sur une superficie totale d’environ 10 hectares.
Nous utilisons les trois principaux cépages de l’appellation Gaillac rouge, Duras, Braucol et Syrah (+ de 80 %) ainsi que le Cabernet Sauvignon et le Gamay (réservé aux primeurs) en cépages complémentaires. Cela représente 25 hectares environ. En blanc, nous cultivons un des cépages principaux de l’appellation, le Loin de l’œil (2/3) et le Sauvignon blanc en complémentaire, sur une superficie totale d’environ 10 hectares.
Les cépages rouges
Le Duras
C’est un très vieux cépage local, à tel point que certains ont fait remonter son origine à l’époque romaine. Sans aller aussi loin, il semble cependant plausible que son origine soit plutôt méditerranéenne : il n’a en effet aucun parent connu parmi les cépages du Sud-Ouest. On en trouve mention écrite pour la première fois au 15ème siècle. Sans être jamais dominant, le Duras est néanmoins parvenu jusqu’à nous. Plus que tout autre, c’est un plant très sensible au rendement. Mais une fois cette variable maîtrisée, il se révèle remarquablement bien adapté à la région (ce qui semble normal, vu son antériorité !). Ni trop précoce, ni trop tardif, il donne des vins colorés, assez alcoolisés, d’une richesse moyenne en tanins, mais avec beaucoup de gras et de velouté. Les moûts sont riches en acide malique et les vins conservent de ce fait une fraîcheur bienvenue. Ses arômes poivrés sont très caractéristiques, ils sont accompagnés de notes de fruits rouges (groseille, cerise). C’est un excellent marqueur de l’appellation Gaillac et il intervient pour une large part dans nos assemblages . Il est à la base de la cuvée « L’Âme ».
Le Braucol (ou Fer Servadou)
Le Fer est un cépage du sud-ouest qui serait originaire du Pays Basque espagnol et qui a beaucoup voyagé des Pyrénées à la Vendée et de la Gironde à Gaillac et à Marcillac dans l’Aveyron.
Son cheminement a peu ou prou suivi les chemins du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle (dans le sens du retour). Il fait partie de la grande famille des Carmenets qui comprend notamment les Cabernets. Fer vient du latin « ferus » qui signifie sauvage et Servadou veut dire « qui se conserve bien ». Les raisins sont en effet assez résistants à la pourriture et le vin plutôt tannique, a une aptitude certaine au vieillissement. Mais le terme Braucol employé dans le Gaillacois reste une énigme. Il semble que ce cépage soit présent à Gaillac depuis plusieurs siècles sans jamais avoir été dominant. Aujourd’hui, il constitue un des piliers de l’AOC Gaillac rouge. Il donne des vins assez colorés, tanniques, aux arômes allant du poivron au cassis suivant son degré de maturité. C’est une variété tardive qu’il importe de laisser bien mûrir pour éviter de retrouver dans les vins des notes trop végétales. Une récolte modérée est pour cela indispensable, afin d’être sur, quel que soit le climat de la fin des vendanges, d’avoir des raisins suffisamment mûrs. C’est ce que nous nous efforçons d’obtenir chaque année au Domaine ROTIER.
Le Prunelart
Ce cépage est un miraculé ! Après avoir constitué la base des vins rouges de Gaillac depuis le Moyen-Age jusqu’à l’invasion phylloxérique sa superficie plantée était allée diminuant jusqu’à moins de 10 hectares il y a vingt ans. La ténacité de quelques producteurs a permis de le sauver de l’oubli et de le multiplier à nouveau. Désormais autorisé en appellation Gaillac, nous en avons planté un hectare en 2009.
Il fait partie de la grande famille des cotoïdes et la recherche génétique a récemment montré qu’il était le « père » du cépage Cot ou Malbec.
La Syrah

Cépage originellement cultivé dans le nord de la Vallée du Rhône et qui a été implanté dans le Gaillacois à partir de la fin des années 1950. Il se plait bien sur nos terres qui s’éloignent de la Méditerranée et il retrouve à Gaillac des concordances climatiques avec le terroir dont il est issu. La Syrah donne d’excellents résultats sur notre terroir de graves où elle complète harmonieusement nos cépages locaux. Elle apporte gras et couleur, mais aussi des arômes de fruits noirs et d’épices, ainsi qu’une touche florale (violette) lorsqu’elle est bien mûre et conduite à petits rendements.
Les cépages blancs
Loin de l’œil (ou Len de l’Elh)
Il doit son nom à la morphologie de la souche. Les grappes sont en effet situées assez en avant sur le rameau qui les supporte. Elles possèdent en outre un long pédoncule. Elles sont donc loin de l’œil (le bourgeon) qui a donné naissance au rameau et loin de l’œil qui a donné naissance à la grappe. Une version encore plus imagée prétend que les grappes sont également loin de l’œil … du vendangeur, et que de ce fait il en oublie facilement quelques unes, mais ceci est pure médisance (quoique…).

On sait peu de choses de son histoire. Il semble être présent à Gaillac depuis très longtemps. Sans doute entrait-il dans l’assemblage des vins blancs doux qui au 17ème et 18ème siècle étaient fort appréciés jusqu’en Angleterre, Flandre et Hollande. Au 19ème siècle, il participe pour 30 % à l’assemblage des vins blancs de Gaillac.
Pourriture nobleC’est un cépage à grosses grappes qui a tendance à produire beaucoup si on ne le bride pas. Voilà pourquoi, il y a encore quinze à vingt ans, il était un peu déconsidéré et utilisé uniquement pour les petits vins blancs secs.
Nous avons commencé à l’employer pour notre Renaissance sec, à rendement modéré, avec succès à partir de 1989. En 1994, nous avons été parmi les premiers à l’utiliser pour faire du Gaillac blanc doux et c’est alors qu’il a vraiment donné toute sa mesure. L’adéquation Cépage – Terroir – Climat est parfaite : le Loin de l’œil mûrit assez tôt, vers le 15-20 septembre en moyenne, et pourrit facilement, mais sans que les grains n’éclatent (si les souches ne sont pas trop chargées). La belle arrière saison, fréquente en gaillacois, avec souvent une période de vent d’autan, concentre en quelques jours cette pourriture qui devient noble, permettant de récolter des raisins très sucrés. Et voilà comment ce vieux cépage a retrouvé toutes ses lettres de noblesse. Mais comment imaginer que les anciens n’aient jamais remarqué ses aptitudes ? Peut-être même avait-il été sélectionné pour cela par les moines bénédictins de l’abbaye St Michel de Gaillac ? Le mystère demeure...
Sauvignon blanc
Cépage aujourd’hui mondialement connu, il est originaire du Sud-ouest et fait partie de la famille des cabernets. Il intervient en complément dans nos blancs secs et doux (cuvée Les Gravels).
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